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JONCTION-EXPRESS (FRAGMENTS 2) - 2010 ©François Schuiten

Le maître bruxellois du neuvième art François Schuiten s’expose à La Louvière jusqu’en février. Lumières sur les cités offre une plongée abyssale dans les mondes imaginaires de sa série culte (Les cités obscures), où une attention toute particulière a été portée à la scénographie. L’unique exposition de Mons 2015 consacrée à la BD.

En pénétrant dans l’exposition, le spectateur se retrouve plongé dans le noir. Un jeu de lumière sophistiqué révèle par phosphorescence des illustrations. « On ne trouvera jamais mieux qu’un album de bande dessinée pour raconter une histoire. Dans un musée, il faut donc porter un nouveau regard sur cette discipline et déstabiliser le public », explique François Schuiten. Egalement scénographe, l’artiste a ainsi participé à l’accrochage. Pour exemple, une salle consacrée à l’album La théorie du grain de sable, fait appel aux sens du visiteur. Le sol est recouvert d’un large tapis de sable alors que des dessins s’affichent sur les murs. Dans ces compositions incroyablement denses et graphiques, l’architecture est omniprésente. « Mon père était architecte, j’ai été imprégné par cet art depuis mon enfance. » Dans sa série culte Les cités obscures, entamée en 1982 avec Benoît Peeters, Schuiten imaginait ainsi le double futuriste de nos métropoles, de Brüsel à Pahry en passant par Kobenhavn.

Activisme architectural – Pour l’occasion, le dessinateur s’est d’ailleurs penché sur une structure emblématique de la région. Il s’agit d’un édifice industriel haut de 63 mètres menacé de destruction : la Tour Saint-Albert. « Il était important de prendre sa défense. Je lutte pour un avenir qui accepte son histoire. Ce serait comme enlever les terrils alors qu’ils font partie du paysage ». Cet acte a permis d’attirer l’attention des médias sur l’avenir de ce bâtiment témoin d’une époque révolue. Un geste militant dont Schuiten est coutumier. Alors que le marché des planches originales de BD atteint des sommets, l’auteur a depuis longtemps choisi de céder ses originaux à des fondations comme la BNF ou le Centre de la gravure. « Les planches doivent servir à faire des livres… Pour rien au monde, je ne voudrais que mon oeuvre soit dénaturée ». Nous non plus.

Julien Collinet
Informations
La Louvière, Centre de la Gravure et de l'Image Imprimée

Site internet : http://www.centredelagravure.be

du mardi au dimanche de 10h à 18h

03.10.2015>07.02.2016mar>dim : 10h>18h, 7>2€ / gratuit - 12 ans
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