Au-delà du réel

Portes qui claquent, objets qui bougent tout seuls, voix suspectes… On vous devine sourire. Sachez pourtant que ces phénomènes occupent nombre d’enquêteurs dits du « paranormal ». Des vidéos plus ou moins effrayantes – ou grotesques – pullulent sur le net. Parmi ces « détectives », certains semblent toutefois très sérieux. Que cherchent-ils ? Quelles sont leurs motivations ? Rencontre avec deux groupes de chaque côté de la frontière (franco-belge, hein, pas de l’au-delà…).

Dans la mallette de la Team Investigation Paranormal du Pas-de-Calais on trouve, pêle-mêle : une caméra infrarouge, un dictaphone, un K2… « C’est un détecteur de champs électromagnétiques » précise Audrey Cadario. Bref, l’attirail de tout chasseur de fantômes qui se respecte. « J’ai horreur de cette définition, corrige la fondatrice de T.I.P. 62. On cherche avant tout des preuves ». De quoi ? « Qu’il existe un monde de l’au-delà… » La curieuse passion de cette jeune maman est née en mai 2014, après sa participation à une enquête au château de Fougeret (Vienne) avec l’équipe de Recherches. Investigations. Paranormal, une émission diffusée sur le câble et la TNT. « J’ai ressenti pas mal de choses cette nuit-là… », confie notre hôte, énigmatique. Quoi qu’il en soit, l’expérience l’a convaincue. En janvier, cette vendeuse en boulangerie créait son association, à Noyelles-sous-Lens.

Sur le terrain – Constituée de sept personnes, la petite troupe investit des lieux désertés, dénichés au gré de promenades. Audrey évoque notamment une visite au sanatorium abandonné d’Havré (Mons – Belgique), où son fameux K2 s’est excité. « Il s’est déclenché à plusieurs reprises suite à mes questions, j’ai enregistré des voix… j’ai eu très peur ! » L’endroit a depuis été rasé pour laisser place à une maison de retraite… Philippe, le compagnon d’Audrey, n’a lui rien vu du tout. « Je suis cartésien », assure ce grand gaillard, qui s’amuse de ces sorties nocturnes. Mais depuis peu, T.I.P 62 exerce aussi chez des particuliers. « Ce sont eux qui nous contactent via notre page Facebook. Mais on n’attend pas d’argent ». Juste l’espoir d’apporter un jour cette fameuse preuve.

Les experts – De l’autre côté de la frontière, on trouve Paranormal Investigations Belgique, l’une des plus anciennes associations du genre. Elle regroupe une trentaine de groupes qui enquêtent entre la France et le plat pays. Michaël Cammarata a fondé P.I.B en 1999 après avoir vécu, dit-il, « des phénomènes étranges ». « Cela s’est passé dans une maison achetée près de Charleroi, une statuette de la Vierge Marie m’a sauté à la figure ». Personne n’a jamais résolu ce mystère. Cet agent immobilier a donc décidé de faire le boulot lui-même. Gratuitement, mais pas n’importe comment : « scientifiquement ». C’est-à-dire en éliminant les hypothèses une par une. P.I.B comprend ainsi : un géobiologue (il étudie la pollution électromagnétique), un psychologue (pour les troubles mentaux), un expert en photographie et un étudiant en parapsychologie. « Sur 100 interventions, 99 trouvent une explication rationnelle », certifie le Namurois. Par contre, dans ce petit 1% restant, il y a de tout… Des esprits résiduels (« qui refusent de quitter la maison où ils sont morts »), des âmes errantes ou, plus grave, « des entités démoniaques qui n’ont jamais eu de corps ». Ce serait l’un de ces spectres qu’a découvert Michaël le mois dernier, à Liège, « chez une dame dont la maman s’est pendue dans la maison ». Sentiment d’oppression, objets qui bougent… « A un moment, elle a senti quelque chose la griffer dans le dos, elle avait des marques… ». Comme toujours dans pareil cas, Michaël a fait appel à un prêtre-exorciste. Depuis, les choses se seraient calmées. Vade retro…

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A LIRE : L’INTERVIEW DU PRÊTRE-EXORCISTE DU DIOCESE DE  TOURNAI

Julien Damien
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