Des visages, des figures

Wenzel-Hollar-(1607–1677)-naar-Leonardo-da-Vinci-(1452–1519),-Karikaturale-koppen-van-mannen-en-vrouwen,-etsen,-1645.-Teylers-Museum-Haarlem

Si l’art de la caricature remonte à la plus haute antiquité, aujourd’hui encore les coups de crayon mettent en lumière nos idées reçues. Cette exposition explore la liaison du corps à l’âme. Et les fantasmes qui vont avec.

D’emblée, il est question du beau et du laid. On plonge son regard dans celui du portrait idéal d’Emiel van Moerkerken qui joue ici avec la superposition des visages, et répond ainsi aux diktats esthétiques. À l’inverse, des têtes grotesques de Léonard de Vinci soulignent les expressions les plus négatives. D’un dessin à l’autre, on esquisse un sourire, puis la réflexion s’installe. Que montre – ou dissimule – le visage ? Où est la beauté ? Le parcours se poursuit, et on se laisse surprendre par cette boîte osseuse recouverte de drôles d’inscriptions, oeuvres de Franz Joseph Gall. Père de la phrénologie, ce toubib allemand pensait que le caractère d’une personne était étroitement lié à la morphologie de son crâne. Comme cette fameuse « bosse des maths » issue de notre imaginaire collectif. Une théorie qui fit fureur chez les criminologues du xixe siècle. Ainsi, dans L’Homme criminel, Cesare Lombroso s’adonne à une vulgaire comparaison entre détenus et primates : forte pilosité, mâchoire saillante… Deux siècles plus tard, le profil du « criminel-né » est toujours recherché.

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Lina Tchalabi
Informations
14.03.2015>27.09.2015mar>ven, 9h>17h, sam, dim, 13h>17h,, 8/6/3/1€/grat-12 ans,
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© Eveline Van Vlaenderen et Fien Cools