Home Best of Interview Les éditions Frémok

Laboratoire Éditorial

Depuis 25 ans les éditions Frémok arpentent la frontière entre la BD et les arts plastiques. En explorant les relations entre le texte et l’image, cette maison est devenue le lieu de toutes les expériences. Retour sur son histoire avec son co-fondateur, Yvan Alagbé.

 

Comment est née cette maison ?

De la fusion de deux structures qui existaient déjà depuis 10 ans : Fréon, qui regroupait des artistes de disciplines diverses, et Amok que j’avais fondée avec un collègue à la sortie de l’école Saint-Luc de Bruxelles. On éditait une revue où l’on croisait déjà BD, arts plastiques et art contemporain.

 

Vous cultivez une esthétique aux antipodes de Tintin ou d’Astérix

Je n’ai pas envie de me battre sur ce terrain-là : savoir si ce que je fais c’est de la BD ou pas. De toute façon, toute définition de la BD est destinée à être contredite. Nous sommes ailleurs, ou plutôt : nous produisons autrement des livres et des images qui racontent quelque chose, et c’est déjà pas mal.

 

Comment abordez-vous votre travail d’éditeur ?

Frémok, c’est avant tout une pratique de l’image, une question de représentation. Nous proposons des langages singuliers. On a toujours dit que le travail d’Alex Barbier, par exemple, malmenait les cadres de la BD. Mais lesquels ? Des cadres oui, mais c’est justement en les malmenant qu’on crée un univers, une dynamique, une langue vivante. La BD franco-belge est plutôt une langue morte. On peut l’aimer pour cela d’ailleurs. Nos livres sont différents car ils ont quelque chose d’expérimental.

 

De jeunes maisons d’édition revendiquent aujourd’hui ce que vous incarnez depuis 25 ans…

J’en suis très content ! Et je ne réalise pas que nous existons depuis 25 ans… (rires). J’ai toujours été partisan du « Do It Yourself », ce qui était d’ailleurs le modèle de la BD au début et du fanzine.

 

Comment voyez-vous l’évolution du secteur ?

Avec le temps, une branche de la BD s’est structurée, organisée, industrialisée même. Mais le foisonnement a toujours été là. Il est davantage visible maintenant parce que les frontières entre les disciplines s’estompent. Cela offre plus de possibilités pour s’exprimer. Avec des livres à réinventer sans cesse formellement, car l’objet est aussi important que l’histoire qu’il raconte.

 

 

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Propos recueillis par François Annycke

à visiter / www.fremok.org

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