Home Cinéma Pulp, a film about life, death and supermarkets

Working Class Heroes

Dans les nineties, le débat était binaire : Blur ou Oasis ? Les plus malins répondaient Pulp. À la faveur de la déferlante britpop, Jarvis Cocker et sa troupe firent irruption avant de faire profil bas, jusqu’à un retour très attendu en 2011. Le film traite-t-il de tout cela ? Non, de beaucoup plus : de vie, de mort, et de supermarchés.

On s’est souvent ennuyé devant des rockumentaires présentant des producteurs bedonnants sur fond noir ou devant leur table de mixage, répétant à quel point c’était « amazing » de bosser avec tel artiste, son jeu de guitare étant « incredible ». Un film musical réussi devrait saisir l’essence de l’artiste ou, au moins, proposer un regard subjectif sur son oeuvre. Mission accomplie avec ce long métrage signé Florian Habicht. Ce Néo-Zélandais balade sa caméra dans les rues de Sheffield, cité d’origine et ô combien inspirante pour Jarvis Cocker et les siens.

Sheffield Sex City

On peut apprécier ce film en ignorant l’histoire de Pulp. Habicht part du principe que c’est le peuple – ces Common People – qui irrigue la plume de Jarvis Cocker – l’un des plus grands paroliers de l’histoire de la pop. Alors, outre les membres du groupe, Habicht interroge des fans attendant le concert du come-back (le 8 décembre 2012 à la Motorpoint Arena), se promène dans le marché couvert (où Jarvis, lycéen, vendait du poisson le weekend). Enfin, on se souviendra longtemps de cette septuagénaire expliquant qu’elle préfère Pulp à Blur : « Les mélodies et les paroles sont bien meilleures. J’aime la pop qui fait réfléchir. » Oui, nous sommes bien en Angleterre.

Thibaut Allemand

De Florian Habicht, avec Jarvis Cocker, Nick Banks, Candida Doyle, Richard Hawley, Steve Mackey, Mark Webber… Sortie le 01.04.

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