Tambour battant

Wasbar, Courtrai © Arne Jennard

Loin des néons blafards et de l’austérité du lavomatic®, les Wasbar (contraction de « wash » et de « bar ») fleurissent dans les grandes villes de Belgique néerlandophone. Ces enseignes à l’atmosphère colorée et au design soigné proposent de nettoyer ses caleçons tout en profitant d’un brunch, d’une gaufre, d’une bière voire d’une coupe de champagne.

Cet après-midi, les tables des nombreux bars branchés de la charmante cité gantoise font le plein de jeunes gens bien décidés à combattre la morosité du dimanche. Wout ne déroge pas à la règle. Il s’apprête à rejoindre deux de ses amis. Petite particularité : l’étudiant en école de commerce traîne un lourd sac de vêtements jusqu’au restaurant où il fera sa lessive. Le Wasbar concilie en effet lavomatic® et bar convivial. « Je déteste faire ma lessive. Au moins ici je ne perds pas mon temps, je peux profiter de mes amis », explique Wout, tout en commandant un burger et un bloody mary. à côté, un père de famille et son épouse remplissent trois machines à laver de linge sale, pendant que leurs deux enfants dessinent sur un coin de table. « J’ai a été traumatisé par le lavomatic® », s’amuse Yuri Vandenbogaerde, le fondateur du concept.

Comme à la maison

Le jeune trentenaire a créé les Wasbar avec son mari, Dries Henau, en 2012 après avoir gagné une émission de télé-réalité récompensant des entrepreneurs. « On habitait dans 40 m2 et on n’avait pas de place pour une machine. On préférait laver le linge chez nos parents que dans une laverie mal entretenue. Alors, on s’est dit qu’il devait exister une manière de rendre ce moment convivial ». La formule n’est pas nouvelle. De tels lieux existent déjà en Allemagne, ou aux Pays-Bas. En France aussi, un café-laverie avait vu le jour à Rennes en 2011 avant de fermer ses portes il y a deux ans. Un autre a ouvert à Lille, en fin d’année dernière. Mais ici, loin du simple service de restauration, le couple a poussé le concept jusqu’au moindre détail. La décoration a été confiée à un studio de design, les murs sont recouverts d’élégantes couleurs pastel, le mobilier prend des allures vintage, et les lave-linges et séchoirs portent un prénom de grand-mère ou de grand-père (Éliane, George, Jacob, Germaine, Philomène…). « Tout a été pensé pour créer une marque, et on voulait que les clients se sentent comme à la maison ». Doté d’un évident esprit entrepreneurial, le duo a négocié des partenariats avec une grande enseigne d’électroménager. Même les tabliers du personnel sont sponsorisés par une marque de jeans, et l’argent liquide est banni pour gagner du temps.

Bio et bobo

« On travaille également avec une marque de lessive 100% écologique » se félicite Yuri. « Ça ne coûte pas plus cher et ce sont des efforts que nos clients apprécient ». Plus fort, il est même possible de privatiser en partie les lieux pour des soirées ou d’éventuels concerts ! Dès lors, une question subsiste : quelle est la vraie fonction du Wasbar ? Un café-restaurant branché ou une authentique laverie ? Un peu des deux finalement. Certes, un public inattendu, osons le mot « bobo », s’y presse pour la carte et le mobilier mais une part importante des clients fait encore tourner les machines. Dans les deux autres laveries situées dans la même rue, l’ambiance est toute différente. « Pourtant nous sommes tout aussi accessibles, insiste l’entrepreneur. Tout le monde est bienvenu ! On a un voisin de quartier de 84 ans qui vient faire sa lessive toutes les semaines chez nous ». Fort de ce succès, d’autres Wasbar ont vu le jour ces derniers mois à Anvers et Courtrai avant, sans doute, de conquérir l’Hexagone. à tambour battant, rien d’impossible.

 

>>> Café-laverie en France

Texte Julien Collinet - Photos Dries & Yuri / Wasbar, COURTRAI © Nick Proot / ANTWERPEN © Frederik Vercruysse / GENT © Arne Jennard

Wasbar
Nederkouter 109, Gand
Steenpoort 2, Courtrai
Graaf van Egmonstraat 5, Anvers
www.wasbar.be
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lun>ven, 10h, 22h / week-end, 10h>18h,
0,15€ par minute ; 5,25€ pour 35 minutes ; 7,50€ pour 50 minutes.

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