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Remonter le courant

Explorant la naissance de la French touch, Mia Hansen-Løve s’aventure sur un terrain laissé jusque-là vierge par l’industrie du cinéma. Et, surtout, plonge dans ses souvenirs d’adolescente pour nous livrer un film joliment nostalgique d’une période d’insouciance jamais retrouvée.

Elle nous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître. Et pour cause, la réalisatrice d’ Un amour de jeunesse était lycéenne lorsque son grand frère s’est retrouvé derrière les platines des premières raves parisiennes, au début des années 1990, assistant à l’avènement d’un courant électro devenu emblématique. Comme dans les précédents films de Mia Hansen- Løve, Eden est en bonne partie autobiographique. Sous les traits de Paul, jeune DJ passionné de house garage qu’on suit de ses 17 ans à l’aube de la quarantaine, c’est bien Sven Løve que l’on doit reconnaître, instigateur des soirées « Cheers », résident des « Respect » au Queen (Paris), ex-animateur de radio FG et ici co-scénariste. Lui aussi vécut, comme son alter-ego cinématographique (Félix de Givry, convaincant dans son premier rôle), le frisson de la drogue, les relations amoureuses inconstantes, les dettes et le désenchantement, alors qu’explosaient Thomas et Guy-Man alias Daft Punk. Mêlant fiction et vie réelle, décors recréés avec soin et lieux emblématiques, acteurs débutants et confirmés (Vincent Macaigne, Golshifteh Farahani), Eden aurait mérité une mise en scène plus inventive. Mais parvient à nous emporter grâce à une BO qui donne envie de retrouver l’ivresse des dancefloors.

Marine Durand

De Mia Hansen-Løve, avec Félix de Givry, Pauline Etienne, Hugo Conzelman… En salle le 19.11

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