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Table ouverte

Criquet migrateur africain (Locusta migratoria migratorioides)

Acceptée, ou plutôt « tolérée » en Belgique par les autorités sanitaires, l’entomophagie fait l’objet d’un vrai lobbying en France, où elle est interdite. La FFPIDI* défend une filière qui existe mais ne peut commercialiser sa production. Cette fédération qui réunit depuis 2012 producteurs, importateurs et distributeurs d’insectes, a lancé auprès de la Commission européenne une procédure dite  « Novel Food » pour débloquer la situation. Jean-Philippe Paillard, son porte-parole, nous explique pourquoi il faut finir notre assiette de grillons.

Pourquoi faudrait-il consommer des insectes ?
S’ils ne sont pas plus riches en protéines que les autres aliments, ils ont une vraie qualité nutritionnelle. Et donc une pleine légitimité à exister sur la table de l’alimentation mondiale.

Y voyez-vous aussi un intérêt écologique ou économique ?
En effet, la surface agricole mondiale qui n’est pas illimitée doit faire face à une hausse de la population. Or on peut produire des insectes dans des milieux urbains, selon un principe de superposition. Le rêve d’une production agricole verticale est enfin possible. Les insectes consomment aussi très peu d’eau, prévenant un autre problème majeur.

Peut-on s’attendre à une crise alimentaire mondiale dans les prochaines années…
Je ne peux pas vous le confirmer. Mais on vérifie que les cours des denrées pour l’alimentation humaine augmentent. Il faut savoir que la compétition entre l’alimentation humaine et l’alimentation animale est de plus en plus forte sur les marchés. Par exemple le blé sert à faire du pain mais aussi à nourrir les poulets…

Les insectes comestibles seraient donc une solution…
Clairement. Imaginez la population mondiale comme des personnes autour d’une table. Pour nourrir de plus en plus d’individus, il faut trouver des solutions. Le plat d’insectes ne va pas remplacer la viande, mais il représente un apport indéniable, y compris sous forme de poudre.

 

*Fédération française des producteurs, importateurs et distributeurs d’insectes

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[CA GROUILLE DANS NOS ASSIETTES ]

Plus de 2000 espèces d’insectes sont comestibles.

2,5 milliards d’humains consomment des insectes dans le monde.

On mange déjà environ 500g d’insectes par an (Le colorant E120 – à base de cochenilles – est utilisé à peu près partout dans notre alimentation, du saucisson aux bonbons en passant par les sirops, sodas, etc.)

Les insectes sont riches en protéines :
100g d’insectes contiennent 60g de protéines. Et les grillons compteraient plus de protéines que le bœuf.

Les  grillons consomment 1200 fois moins d’eau que le bœuf pour produire la même quantité de protéines.

Avec 10kg de matière végétale, on ne produit qu’1kg de bœuf. Contre 9 kg d’insectes !

La culture d’insectes rejette 99 % moins de gaz à effet de serre que l’élevage traditionnel.

Propos recueillis par Julien Damien

Liste des dix insectes autorisés pour la consommation humaine en Belgique :

 

Chenille de la fausse teigne (Galleria mellonella)

Chenille de la petite fausse teigne (Achroia grisella)

Chenille du bombyx (Bombyx mori)

Criquet migrateur africain (Locusta migratoria migratorioides)

Criquet pèlerin d’Amérique (Schistocerca americana gregaria)

Grillon à ailes courtes (Gryllodes sigillatus)

Grillon domestique (Acheta domesticus)

Ver Buffalo (Alphitobius diaperinus)

Ver de farine (Tenebrio molitor)

Ver de farine géant (Zophobas atratus morio)

 

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