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Nouveau souffle au Théâtre du Nord

Christophe Rauck

A la tête du Théâtre du Nord depuis janvier dernier, Christophe Rauck défend une première saison placée sous le signe de l’ouverture. « Je ne suis pas programmateur, je suis un metteur en scène ! » insiste d’emblée l’ancien directeur du Théâtre Gérard-Philipe à Saint-Denis. Rencontre avec un agitateur d’esprit qui imprime déjà sa marque à Lille et Tourcoing.

Quel regard portiez-vous depuis Saint- Denis sur le Théâtre du Nord et notre Eurorégion ? J’ai joué trois fois dans ce lieu et je connaissais un peu les environs. La région Nord – Pas de Calais et la métropole lilloise sont très dynamiques, particulièrement sur le plan culturel ! Le Théâtre du Nord bénéficie d’un emplacement formidable à Lille, d’une salle modulable et d’un atelier de décors à Tourcoing, un pôle idéal pour la création. L’idée de travailler dans un centre dramatique national attaché à une école m’a aussi énormément séduit. Et puis il y a un public génial ici !

Quelles sont les grandes lignes de votre projet ? Une ouverture sur le territoire mais également un accompagnement des artistes. Nous allons multiplier les collaborations notamment avec Le Fresnoy ou L’Aéronef. Car il y a une chose qui me paraît unique ici, c’est la faculté des structures à communiquer entre elles. Nous envisagerons alors le théâtre sous toutes ses formes : la marionnette, le théâtre d’objets et le spectacle pour enfants. Nous développerons les actions à l’attention des familles et de la petite enfance, en plaçant la lecture au centre.

Une ouverture au plus grand nombre… Ah oui ! Je rejette l’idée d’un centre dramatique comme une institution verticale. Le théâtre est la somme de plein de talents, le croisement de nombreux arts : l’écriture, la scénographie, la peinture, les costumes, la dramaturgie… On veut montrer que notre maison est bien vivante. On doit ouvrir les fenêtres, recevoir la lumière et éclairer en retour.  Si on ne regarde pas les gens, il ne faut pas s’étonner qu’ils ne nous regardent pas .

Comment procéderez-vous concrètement ? En présentant des auteurs qui reflètent la création d’aujourd’hui, des œuvres contemporaines ou du répertoire. Je n’appartiens à aucune chapelle, tant qu’il est question de théâtre, au sens premier du terme : un endroit où l’on raconte des histoires. C’est un peu fou de se dire qu’on va monter des histoires pour les raconter à 400 personnes voire à toute une ville.

Mais encore ? Quand je suis arrivé à Saint-Denis, je pensais qu’il fallait composer avec des questions d’identité, de modernité, des questions politiques. Mais en fait pas du tout. C’est le répertoire qui a le plus touché les habitants. Lorsqu’on a présenté Le couronnement de Poppée, c’est devenu flagrant. Les gens sont venus en masse. C’était beau à en pleurer ! » Il y avait à la fois l’atelier d’alphabétisation, les gamins des cités, la classe moyenne de Saint-Denis et toutes les associations… Tout s’est recentré et mis en marche grâce à cet opéra.

Il ne faut donc pas avoir peur du répertoire … Surtout pas. Et certainement pas avec des textes comme ceux de Marivaux, avec lesquels on ne s’ennuie pas. C’est une langue que personne ne parle et n’a peut-être jamais parlée mais on la reconnaît tous. Avec Les Serments Indiscrets, Marivaux travaille en permanence sur la litote, donc sur la négation. Il y a des subjonctifs et des passés simples somptueux.

Pourquoi avoir rebaptisé l’EPSAD « école du Nord » ? EPSAD cela me faisait penser à une pharmacie… Or dans une école on travaille sur la poésie. En même temps, école du Nord, ça raconte aussi un pays, une région, une histoire.

Quel est votre projet pour cette école ? Il repose sur l’acquisition des fondamentaux, un travail sur les grandes œuvres avec des metteurs en scène confirmés tandis que des intervenants plus jeunes dialogueront avec les élèves durant leur parcours artistique. A ceci, j’apporterai ma propre vision de l’acteur.

L’acteur est très important pour vous… Je suis un acteur qui, à force de reculer s’est retrouvé dans la salle sans le faire exprès (rires). Le metteur en scène tient la lanterne au début et commence à montrer le chemin. Mais, c’est grâce aux acteurs que les oeuvres s’envolent. Leur rôle est effectivement primordial !

Julien Damien

Les Serments indiscrets,  du 18 au 28 septembre à  Lille, au Théâtre du Nord. Tarifs:  25/20/10/7€.

Phèdre, du  5 au 23 novembre  (sauf lundi et mardi), à  Lille, au Théâtre du Nord. Tarifs:  25/20/10/7€.

Plus d’infos sur: www.theatredunord.fr

 

 

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