Au fil de l'aiguille

En 2012, ouvrait le premier café-couture de Bruxelles. Située à deux pas du quartier congolais de Matongé, voici une excellente porte d’entrée pour celles et ceux qui comptent ressortir la vieille machine à coudre de leur grand-mère.

Surfant sur la vague du home-made, deux passionnées de mode, Isabelle (la blonde) et Mathilde (la brune) se sont lancées dans cette aventure à l’âge de 26 ans. À l’image d’établissements similaires, à Londres ou Berlin, Les Midinettes louent des machines à coudre pour une dizaine d’euros de l’heure. Mètre de tailleur autour du cou, Isabelle, styliste de formation, se souvient de l’époque où elle donnait des cours de couture au sein d’une petite association bruxelloise. « Chaque jour, je recevais des coups de fil de nouveaux élèves. On a compris qu’il y avait une véritable demande, donc un créneau. » Pour assurer la pérennité du projet, les deux copines proposent aussi un service de retouches, un shop avec des vêtements de petits créateurs et surtout, des ateliers pour débutants ou confirmés.
Sur-mesure économique
Ce jour-là, trois élèves concentrées travaillent sur des projets personnels. Lola, la plus jeune, n’a que 12 ans. À ses côtés, la quadra Francesca attaque les finitions d’une veste. « C’est devenu une passion, je couds plusieurs heures par jour. Pour une pièce de cette qualité, j’aurais du débourser plus d’une centaine d’euros. Celle-ci ne me coûte que 30 €. » Selon Mathilde, « les gens ressentent le besoin de revenir à des activités manuelles. Le prêtà- porter est standardisé, cela devient difficile de trouver des vêtements adaptés à sa morphologie. » Alors que fleurissent cours de cuisine et autres repair-cafés (ou cafés-ateliers) dans la capitale, le retour au fait-main en a piqué plus d’un.

Julien Collinet