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Le Tempo Retrouvé

Madeleine Peyroux © Rocky Schenck

Madeleine Peyroux s’intéresse aux cœurs brisés, aux êtres imparfaits. Sur le ton de la confidence, la francophile chanteuse de jazz américaine – qui doit son prénom à l’œuvre de Proust – décrit des relations tourmentées qu’on suppose inspirées par sa propre adolescence. Cet âge ingrat propice aux fugues qui nourrit des crises existentielles. Dont on ne sort jamais complètement…

Madeleine Peyroux a toujours ménagé une part de mystère, mais tentons de revenir ici sur son parcours. Si elle n’a jamais donné le jour de sa naissance (en 1974), on sait qu’elle a traversé l’Atlantique, au bras de sa mère, pour s’installer à Paris au mitan des années 1980. S’en suivent fugues et pratique intuitive du chant. Publié en 1996, l’inaugural Dreamland annonce d’autres succès critiques, fruits de multiples collaborations avec Larry Klein (producteur de Tracy Chapman, Herbie Hancock). La délicatesse de son interprétation rappelle Bessie Smith. Elle oscille entre blues et jazz, envisageant quelques accents pop. Pourtant, l’ambition n’est pas de renouveler le genre mais de s’y réfugier.

Du côté de la scène
L’autodidacte vêtue de noir laisse les chansons se déployer sans brouiller les pistes. Sa chance ? Son vibrato, chaleureux mais modéré, tombé du bon côté de la faille qui la place loin de Sarah McLachlan ou de Camélia Jordana. L’ambiance généralement tamisée incite le public à noter les moindres variations instrumentales, comme assis au milieu d’un studio d’enregistrement. La Parisienne d’adoption se méfie des mots et cultive les silences. Ses madeleines sont à découvrir entre les notes. Ces fameux silences sont d’or, surtout lorsqu’on est constamment en recherche. En recherche du temps perdu.

Florian Koldyka
Concert(s)
MADELEINE PEYROUX
Lille, Théâtre de l'Hôtel-Casino Barrière

Site internet : http://www.lucienbarriere.com/fr/Casino/Lille/accueil.html

17.05.2014 à 20h30 29,80/26,80€
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