Art (cosmo)politique

© Josepha Ferris

Dans un esprit fédérateur, faisant-fi des communautés, le Kunstenfestivaldesarts investit une vingtaine de théâtres et lieux bruxellois. Trente artistes belges et internationaux remettent en question les pratiques politiques contemporaines. Que nous réserve leur fondamentale recherche ?

Croisant artistes émergents et établis, langues et références culturelles, formes et formats, danse, performance, théâtre, vidéo et arts plastiques, le Kunstenfestivaldesarts transforme la ville, trois semaines durant, en un grouillant laboratoire. Ce mois de mai 2014 est particulier, élections européennes obligent. L’occasion pour Christophe Slagmuylder, directeur artistique, de souligner le credo de cette nouvelle édition : « La politique, ici comme ailleurs, donne de plus en plus l’impression de se réduire à un spectacle, et peine à défendre des idées de fond ». A l’inverse des œuvres présentées ici.

De la lenteur

Cette édition s’ouvre avec deux projets d’envergure. Du théâtre documentaire avec 100% Brussels du collectif Rimini Protokoll, qui traduit la complexité de la capitale belge en convoquant cent Bruxellois sur scène. Et le spectacle théâtral The Monk From Tang Dynasty du grand cinéaste Tsai Ming-liang, dont l’œuvre méditative s’oppose au rythme d’un monde agité et saturé d’informations. Conçue pour le Cinéma Marivaux à l’abandon – et centre du festival -, cette performance retrace le pélerinage, sur la Route de la Soie, d’un moine bouddhiste au VIIe siècle. De lenteur et de silence, il est encore question dans le magistral Intérieur de Claude Régy, basé sur la pièce écrite en 1894 par Maeterlinck. Mais la vie, c’est aussi le chaos (dés)organisé avec, pour clore l’événement, la parade indignée Batucada du chorégraphe Marcelo Evelin.

Catherine Callico
Informations
Bruxelles, Divers lieux
02.05.2014>25.05.201425>5€, Pass 150€www.kfda.be