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En travers de la gorge

de Rob Epstein et Jeffrey Friedman

En 1972, la déferlante Gorge Profonde s’abat sur le cinéma américain. Pour la première fois, un porno contient un scénario, de l’humour, et élève au rang d’icône de la révolution sexuelle l’inconnue Linda Lovelace. Huit ans plus tard, devenue militante contre l’industrie du X, elle raconte dans un livre l’enfer d’un tournage forcé. Suivant l’actrice de son entrée à sa sortie du milieu, Lovelace est un biopic solide mais manquant quelque peu de chair…

Coincée dans une famille rigide de la banlieue de New York, Linda Boreman, 20 ans, trouve en la personne du charismatique Chuck Traynor (impeccable Peter Sarsgaard) le moyen de s’émanciper. Poussée par son mari à développer des talents sexuels insoupçonnés, la jeune femme tourne un porno pour sortir son couple de la misère, avant de recueillir les lauriers d’une gloire éphémère. C’est ce que décrit de prime abord

Lovelace. Or, revenant sur certaines scènes dans une seconde partie plus sombre, les réalisateurs décalent leur caméra pour montrer la réalité : une femme sous emprise, battue et prostituée par un époux qui subtilise ses moindres cachets. Simpliste Face à des seconds rôles réjouissants (James Franco, Sharon Stone…), Amanda Seyfried écarquille ses yeux de biche pour jouer une Linda émouvante mais sans réelle… profondeur. Honorable dans son aspect documentaire (malgré des « oublis », comme la triste tentative de poursuivre une carrière d’actrice), l’œuvre s’enferme dans un procédé narratif pourtant original, qui cantonne la figure féminine soit à une ingénue, soit à une victime, sans retranscrire la complexité du personnage. La vraie Linda, elle, est morte dans un accident de voiture à 53 ans, sans avoir touché un sou d’un film ayant rapporté 600 millions de dollars.

Marine Durand

Avec Amanda Seyfried, Peter Sarsgaard, James Franco, Juno Temple…

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