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Ground Zero ? Une avalanche de concerts, des dates aux quatre coins de la Métropole, une succession de noms célèbres – ou en passe de l’être, et une recherche , parfois inutile, d’une ligne directrice. Cette année, saison froide oblige, on opte pour les concerts les plus sombres, dark, cold – ajoutez vos propres épithètes, vous avez saisi le concept . Les sanglots longs des violons de l’automne, comme disait l’autre.

DOMINIQUE A
Mine de rien, le plus beau livre de l’an 2012 était signé Dominique A. Facile, cette année-là, Sorj Chalandon n’avait rien publié. La comparaison n’est pas fortuite : on retrouve chez l’ancien reporter de guerre et le chanteur cette langue sobre, sensible et le sens du non-dit. Dans Y Revenir, Dominique signe de son vrai nom (Ané), et se souvient d’une enfance banale et grise à Provins, d’envies d’ailleurs, d’amitiés trahies… Il n’épargne rien, et surtout pas lui-même. C’est remuant. L’auteur en lit des passages. Plus que tentant, non ?
05.12, Lille, Auditorium du Conservatoire, 20h, 25,80€

BLOUSE
Autrefois, Blouse donnait dans le shoegaze songeur et rétrofuturiste mâtiné d’éclats synthétiques. à l’image de son tube sous-terrain, Time Travel, qu’on s’est passé en boucle. Aujourd’hui, le trio de Portland recentre le propos autour d’une formule métronomique, mais plus brute – toutes proportions gardées. Survolant cette obsédante rythmique, la voix de Charlie Hilton évoque souvent le timbre altier de Nico ou Trish Keenan. Les amateurs de Broadcast et, surtout, du Stereolab de Peng (1992) sont aux anges…
06.12, Lille, La Péniche, 20h, 12/11/10€

TRISTESSE CONTEMPORAINE
Tristesse Contemporaine, ou l’histoire de vétérans d’un passé récent. En consultant les états de service du trio, on croise Telepopmusik, Aswefall, Jay-Jay Johansson, Earthling… Autant de noms évocateurs d’une certaine idée du futur – autrefois. Désormais, Leo Hellden, Michael Giffts et Narumi Omori passent leurs angoissantes obsessions à la moulinette d’une production électronique millimétrée. L’ensemble étant relevé par la voix chaude et atonale de Giffts. Si le premier essai homonyme, paru l’an passé, laissait planer des doutes sur la capacité de cet étrange triangle à proposer autre chose qu’une déclinaison de son spleen, Stay Golden (2013) convainc immédiatement, à la grâce d’emprunts à The Cure ou de débris synthpunk. Certes, quelques fantômes rôdent encore alentour, mais le groupe révèle un penchant plus extraverti. Le bout du tunnel n’est peut-être pas si loin.
29.11, Lille, La Péniche, 29.11, 20h, 14/12,80/11€

TRICKY
Paru il y a bientôt vingt ans (déjà?!), Maxinquaye (1995) incarnait le pendant sombre et enfumé de la Cool Britannia vantée par Blur, Oasis et… Tony Blair. Etiqueté trip-hop, le kid de Bristol, lui, enchaînait les trois-feuilles et les sons abyssaux d’où émergeait un flow apocalyptique. Certes, depuis, de l’eau a coulé sous les ponts et le quadragénaire n’a plus la verve d’antan. N’empêche, à l’heure ou Massive Attack vit sous perfusion, on retrouve avec plaisir cet insaisissable bonhomme, funambule au charme vénéneux.
14.12, le Splendid, 20h, 25,30€

Thibaut Allemand
Informations
Eurorégion, Divers lieux
26.11.2013>14.12.2013Divers horaires, de 27,5>6,5€, www.groundzerofestival.fr
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