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Monts & Merveilles

Sur le papier, Mount Kimbie représente du pain béni pour journalistes imaginatifs et chargés de com’ intrépides, qui peuvent ainsi enfiler les épithètes comme des perles, collant du post -, du -step et des waves un peu partout. De quoi aboutir à des disques post-chillwave avec un soupçon d’avant-step, par exemple. En fait, la musique du tandem anglais est bien moins absconse, et beaucoup plus convaincante.

À l’origine, deux étudiants palots plongés dans la scène dubstep qui agite Londres depuis le début des années 2000. Enfin, plongés… Non, le Cornouaillais Kai Campos et le Brightonais Dominic Maker ne sont pas des all-nighters ne vivant que pour la prochaine party. En revanche, la paire est happée par les basses fuligineuses du genre, et s’essaie à la production maison, à grands coups de collages de leurs trouvailles respectives. Un premier LP, Crooks & Lovers (2010), hérite de l’étiquette post-dubstep (ça mange pas de pain), est comparé à James Blake et recueille les éloges de The XX ou Foals. Honnêtement, c’est un bon disque, mais pas aussi renversant que le suivant.
Le renouveau
Cold Spring Fault Less Youth (2013) gagne en profondeur et dévoile une riche palette de textures sonores, des plus mélancoliques aux plus aériennes. Sur scène, le duo trouve son supplément d’âme. Secondé d’un bassiste, la paire, guitare en bandoulière, virevolte entre les machines et transforme ses compositions en de vastes terrains de jeu. Entourés de boîtes à rythmes, claviers et percussions, les Britanniques délivrent leurs pépites hypnotiques dans une ambiance feutrée…
Enfin, ça dépend de vous.

Thibaut Allemand & Elsa Fortant
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©Tim Oxley