St Simons

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Petit pays pour grands couturiers, la Belgique a vu naître dans les années 1980 une scène avant-gardiste, notamment incarnée par le style novateur, épuré, pragmatique et modeste des « S ix d’Anvers ». Terry Jones, fondateur et directeur artistique du magazine i-D, rend hommage à l’un de leurs plus dignes successeurs, Raf Simons.

Il aura suffi d’une collection, la première, en 1995, pour que Terry Jones tombe sous le charme du style minimaliste de l’autodidacte. Architecte de formation, rien ne prédestinait Raf Simons au stylisme, jusqu’à ce que la mode se révèle à cet ancien designer industriel en 1991 grâce à Martin Margiela, illustre couturier belge lui aussi. Entre les cent vingt pages de portfolios photographiques, de longues interviews issues des archives du mensuel britannique reviennent sur les étapes-clefs de la carrière – atypique et fulgurante – du quadragénaire. Ses différentes nominations, la création de sa marque pour hommes, Raf by Raf Simons (2005), et même des projets plus ouverts, citons la création de bijoux pour Minus, le label de Richie Hawtin, ou sa collaboration avec Eastpack.

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Une approche singulière
Ses principales influences ? La rue, la musique et les arts en général. Raf Simons capture dans ses créations une humeur, un sentiment, une attitude. Habitué des silhouettes masculines, sa récente accession à la direction artistique du département haute couture Dior est un véritable challenge. S’inspirant de l’héritage New Look, le successeur de John Galliano dévoile une élégance empreinte de poésie, assoyant sa maturité et sa maîtrise des coupes et des matières, par ailleurs mise en valeur grâce au format de l’ouvrage (29,6 x 42cm). Proche de l’artbook, pièce de collection.

Elsa Fortant

Terry Jones, Raf Simons, Éd. Taschen, 120p., 29,99€

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