Home Best of Interview Matias Aguayo, le globe-trotter

Berlin, ville ouverte

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Nourri au disco, étudiant à Cologne dans les années 1990, proche de Michael Mayer et Jürgeen Paape, il était to ut simplement impossible pour Matias Aguayo d’échapper à la techno . Adopté par le prestigieux label Kompakt dès 2002, il devient moitié de Zimt puis de Closer Musik. Indépendant , il crée son label , Cómeme, en 2009. Ceux qui l’ont applaudit la même année au N.A.M.E vous le diront , l’homme embraserait une pelouse verdoyante. En pleine production de son prochain album, le musicien prend quelques minutes pour évoquer la culture berlinoise .

Quel est votre rapport avec l’Allemagne et Berlin en particulier ?
Je suis né au Chili en 1973. La même année, Pinochet prenait le pouvoir et mes parents sont devenus réfugiés politiques à Cologne. À deux ou trois jours près, nous aurions pu venir en France. J’ai depuis beaucoup voyagé en Europe et en Amérique du sud, mais j’ai passé la plus grande partie de ma vie en Allemagne. Même si aujourd’hui je vis avec ma femme à Berlin, j’imagine bien revenir un jour à Cologne.

Quelle est la place des musiques électroniques à Berlin ?
Très, très importante ! Pour prendre l’exemple du label Kompakt, autrefois situé à Cologne, c’est comme une grande bande de potes. Les acteurs de cette scène se connaissent presque tous et depuis longtemps, Michael Mayer et moi depuis qu’on a 20 ans ! Et ce son… il est si important, c’est traditionnel et profondément ancré dans nos villes. Pour autant, je ne suis pas uniquement DJ, j’aime chanter, jouer d’un instrument, des percussions, avec d’autres musiciens.

Quelles évolutions vous ont marqué ces vingt dernières années ?
Les DJs sont devenus plus conservateurs que le public, qu’ils sous-estiment. Certains artistes courent après l’argent, la célébrité, se plaignent de leurs chambres d’hôtels. Autrefois, nous étions moins difficiles et plus libres. Plus positif, les structures indépendantes étant désormais connectées, on peut créer en Amérique Latine et se produire en Europe. C’est le projet de mon label Cómeme, faire perdurer la culture techno, fondée sur le « créer ensemble ».

Et en traînant vos baskets sur les pistes berlinoises…?
Le public est très ouvert et prêt à écouter des sonorités inhabituelles ou complètement folles. Je constate aussi une standardisation. Les premières soirées techno, c’était un joyeux mélange de body builders, de yankees, de drag queens, d’hétéros, de queers, de vieux artistes, de riches, de pauvres… Les gens oublient de vivre pleinement le moment présent, privilégiant les photos… mais heureusement ils restent curieux ! 

propos recueillis par Elsa Fortant
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