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Jouer avec le feu

Adolpho Arrietta

Contemporain de Jean Eustache et de Philippe Garrel, figure d’un cinéma underground des années 70, l’espagnol Adolpho Arrietta reste un cinéaste singulier et attachant. Son premier long-métrage, Flammes, réalisé en 1978, ressort dans une version remontée. Une bonne occasion de (re)découvrir une oeuvre injustement méconnue.

Barbara, une petite fille, vit avec son père et sa préceptrice dans une vieille maison de campagne isolée. Une nuit, elle rêve qu’un pompier s’introduit dans sa chambre par la fenêtre. Jeune femme, Barbara retrouve ce rêve d’enfant, s’en empare et le poursuit, pour finalement s’y confronter, au risque de s’y perdre… en tombant amoureuse d’un pompier. Teinté de mélancolie et de désinvolture, ce (quasi) huis-clos se déroule dans une ambiance éthérée, détachée du temps. Les personnages évoluent au rythme de leurs visions, de leurs désirs, et se laissent aller à un drôle de jeu de l’amour et du hasard empreint de légèreté. Mais ce film n’est pas dénué de tensions : entre le père et sa fille, puis entre cette dernière et son frère (Pascal Greggory, dans l’un de ses premiers rôles). Tensions également entre un certain classicisme musical (Ravel, Debussy) et une forme de surréalisme qui relie Flammes à Buñuel et Cocteau. Notons que le rôle de Barbara est interprété par une jeune actrice débutante, à l’époque inconnue du grand public : Caroline Loeb. La même qui, huit ans plus tard, plongera la France dans une ambiance nettement moins pyromane, mais tout aussi cotonneuse, avec son tube textile C’est La Ouate. Vision prémonitoire ?

Sylvain Coatleven

Avec Caroline Loeb, Xavier Grandes, Dionys Mascolo…


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