Home Best of Soufien3000

Ça commence par un clic sur le bouton « ajouter » de Facebook, qui va lier deux jeunes de 24 ans. Classique. L’un est de Pérenchies, Nord-Pas de Calais, l’autre de Harlem, New York. L’un est étudiant et apprenti beatmaker, l’autre est MC et s’apprête à signer un contrat de 3 millions de dollars avec Sony. Étonnant, non ?

Il y a moins d’un an, Soufien3000 était en licence pro « e-commerce ». Sur son laptop, il s’adonnait au beatmaking avec des logiciels libres. Rien de plus banal. Moins banal est le message Facebook signé A$AP Rocky, nouvelle sensation du rap US, qui déclare son admiration au jeune Français. En un éclair, Soufien3000 se retrouve crédité sur une mixtape, puis sur l’album du New-Yorkais. « Je n’ai pas validé la licence pro, mais j’ai bien géré la mission e-commerce », confie dans un sourire ce grand gaillard à la bonhomie évidente. Son pote A$AP, il a pu le rencontrer en personne à l’occasion de ses concerts parisiens. « C’est un mec normal de 24 ans », répond-il, étonné qu’on nourrisse des fantasmes sur un rappeur millionnaire. Mais l’histoire de Soufien3000 ne relève pas uniquement du miracle ou du conte de fées, et s’explique notamment par une connaissance encyclopédique du hip-hop. « Exclusivement du rap US. Ce n’est pas du snobisme, mais tout ce qui est frais et nouveau vient des Etats-Unis », affirme-t-il comme une évidence. Sur la Toile, il streame tout : les pionniers, la West Coast, le drill de Chicago, le trap rap d’Atlanta, les starlettes… Ses productions, dont les beats éthérés et les samples issus de l’ambient ou des musiques expérimentales, sont classées dans le genre cloud rap (comme Lil B ou Clams Casino avant lui). Évidemment, les sollicitations se multiplient, mais l’humilité (et la prudence avisée) de Soufien l’empêchent d’en dire plus. On a déjà vu son nom associé à Birdy Nam Nam ou au rappeur Issue. Mais quand on lui demande quelle serait la collaboration de ses rêves, Soufien répond qu’il l’a déjà eue avec A$AP.

Mathieu Dauchy
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Cagouilles charentaises, 2012, Lorignac (Charente-Maritime) © Jean-Luc Plé