Photodidacte

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Ces photos ont été prises dans les régions de Lille, Dunkerque, Bruxelles… Dévastés et désolés, ces lieux semblent déserts. Ou presque. Sur les murs délabrés, quelques graffitis. Au-delà de l’indéniable qualité graphique de ces clichés, quelque chose se joue, hors-champ…

 

Hors de l’espace circonscrit à ce qui est saisi. Hors de l’espace temporel, aussi : sur ces sols en friche, détritus jetés et meubles flingués témoignent d’une occupation passée… ou actuelle. La présence humaine est bien réelle, mais absente. Nicolas Coutable préfère évoquer le monde en creux, dans ses restes. « Notre société évolue, et crée forcément des déchets, explique le photographe amateur de 22 ans. Des lieux sont construits, des bâtiments habités puis délaissés, mais ne disparaissent jamais tout à fait. On les retrouve habités par des squatteurs, peints par des graffeurs ». Le tag passionne cet autodidacte qui n’a jamais graffé lui-même, mais admire «l’anonymat de cette culture, cette façon de laisser une trace sans chercher la célébrité ». Cette démarche sied à notre homme, qui ne possède toujours pas de site Internet, ne se considère pas comme un artiste, et continue de s’investir dans l’association Kavalk’art. Cette modestie traverse son travail : « J’utilise un Bridge, qui possède moins de fonctions qu’un Reflex, et je développe au format classique 10×15 cm. C’est plus intime, moins ostentatoire. Quant au noir et blanc, c’est moins tapeà- l’oeil ». On lui parle de l’Urbex, de ces gens qui tentent de découvrir des lieux interdits et/ou méconnus, mais Nicolas Coutable avoue n’en avoir jamais entendu parler. Pourtant, c’est bien ce qu’il pratique depuis quelques années. Ce Monsieur Jourdain de l’exploration urbaine franchira-t-il un jour le Rubicon de l’exposition ? C’est tout ce qu’on lui souhaite !

Thibaut Allemand
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