Home Best of Chroniques Antiviral

de Brandon Cronenberg.

Présenté à Cannes en sélection Un certain regard , Antiviral a suscité la curiosité. Parce qu’il s’agit d’un premier film dont le réalisateur n’est autre que Cronenberg junior. Loin de se détourner du cinéma de son père, le fils en reprend les codes esthétiques, et le thème de la société malade de ses dérives.

Syd March est employé dans une clinique qui récupère les virus ayant infecté des stars et les inocule à leurs fans. Pour déjouer les contrôles de son employeur, le jeune homme s’injecte les germes afin de les revendre de façon clandestine à son propre compte. Porteur du virus mortel d’une icône planétaire, le voici devenu la cible de groupes criminels et va devoir se battre pour rester en vie… Refusant de renier l’héritage naturel, Brandon Cronenberg explore un univers cher à son illustre papa, compilant éléments de science-fiction, esthétique de l’horreur et prédominance de la chair martyrisée. Le culte de la célébrité et la marchandisation du corps ne sont évidemment pas des propos novateurs. Mais c’est avec une étonnante maitrise que le réalisateur parvient à restituer une atmosphère clinique, aseptisée, à l’aide de sublimes plans fixes et d’une photographie soignée.

Révélation
L’autre atout principal du film, c’est l’hypnotique Caleb Landry Jones, présent dans la moindre séquence d’Antiviral. Peau crayeuse, inquiétant au possible, le comédien incarne à la perfection une victime impuissante face au mal qui la ronge. On pourra regretter de vraies longueurs (la faute à une intrigue qui joue un peu trop sur la répétition). Mais la déshumanisation de cette société pervertie dépeinte par Cronenberg transforme ce premier long-métrage en une expérience cinématographique inédite et glaçante.

Marine Durand

Avec Caleb Landry Jones, Sarah Gadon, Malcom McDowell…


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