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Musique de chambre

Il n’aura pas fallu l’espace d’un automne à Melody’s Echo Chamber pour s’adjuger une place de choix au classement Forbes de la nomenclature pop. Avec, comme ticket d’entrée, un premier album trop élégant et ouvragé pour avoir jamais rien visé de tel au départ. Rendez-vous sur scène pour aller voir celle… qu’on n’avait pas vue venir.

La classe internationale avant l’estime locale : il y a sans doute plus difficile à gérer. Et si une telle reconnaissance a quelque chose d’inattendu pour Mélody Prochet, elle n’est pas non plus l’effet du hasard – sinon celui d’une rencontre informelle avec Kevin Parker, leader de Tame Impala, dont l’Aixoise assurait la première partie au sein de My Bee’s Garden. Un goût commun pour les embardées psychédéliques allait rapidement porter l’Australien à seconder dans sa métamorphose cette altiste de formation, bien décidée à se déprendre de ses repères classiques. Et le binôme d’emporter aux antipodes le chant éthéré des égéries 60’s frange comprise (Vashty Bunyan, Françoise Hardy), l’électro pionnière du BBC Radiophonic Workshop et les brumes de Birmingham (Pram, Broadcast…). Cet univers sonore complexe mais cohérent fait le charme du projet, comme il fit autrefois la grandeur du précité Broadcast. Un rapprochement dûment souligné par la critique, et qui pourrait devenir pesant, à la longue. S’il fallait du moins s’excuser d’avoir mesuré, un peu avant les autres, la richesse du fonds légué par les Anglais. Et si les premiers échos de cette chambre-là ne nous promettaient encore, elles, de belles répliques.

François-Xavier Béague

16.02, Lille, L’Aéronef.

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