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Au grand galop

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Mustang s’est imposé comme la figure de proue d’une jeune scène pop française (citons Aline, Cracbooms, Pendentif…). Le secret de la réussite ? Deux bons albums, et la scène, surtout. Entretien avec le chanteur Jean Felzine pour commenter son irrésistible course.

Votre feuille de route est chargée, depuis deux ans…
C’est avec les concerts qu’on est vraiment devenus musiciens, et on peut encore s’améliorer. Les esthétiques qu’on affectionne demandent de la précision. Mais un jazzman sourirait devant nos trucs. Nous souhaitons simplement proposer des chansons bien ficelées. Cependant, on n’a pas encore eu LE hit. Moins pour l’orgueil que pour l’argent, qui permettrait de passer plus de temps en studio pour tester de nouvelles choses.

Trouve-t-on encore le moyen de se surprendre entre musiciens quand on a atteint ce degré de préparation ?
D’abord, il faut avoir les morceaux dans les doigts. Bien sûr, il arrive qu’on passe en mode automatique, c’est inévitable. Mais c’est aussi à ce prix qu’on peut se permettre des surprises.

Quel est le meilleur gage d’efficacité du groupe devant son public ?
C’est de voir les gens danser. On revient du Japon, et c’était curieux. Le public n’est pas du tout réceptif aux mêmes chansons qu’ici. Notre single La Princesse Au Petit Pois n’a pas pris. Il faut dire qu’on nous y avait vendus comme un pur groupe de rock, ce que nous ne sommes pas. Ce sont des puristes !

Chez nous aussi, certains ont dû froncer du sourcil devant votre reprise de Booba…
Aucun second degré là-dedans. Je l’ai beaucoup écouté quand j’avais 17 ans. J’entends trop souvent dire que les rappeurs maîtrisent à peine cinquante mots. Or, leurs textes sont hyper travaillés, et Booba emmène son auditeur avec une telle autorité… C’est pas difficile : une chanson, il faut que ça touche les gens. Il n’y a pas de règle, ce n’est pas une histoire de simplicité ou de sophistication.

On vous sent très exigeant vis-à-vis de vous-même. Vous avez bien un motif de fierté tout de même ?
Oui. Collégiens qu’on était, sans facultés particulières, on est devenus musiciens, ensemble. Capables de sortir des chansons qui tiennent la route. On en a fait deux albums et on tourne. C’est quand même pas mal. Mais bon, maintenant, on voudrait le tube…

François-Xavier Beague

Mustang
13.09.2012, 20h, Roubaix, La Cave aux Poètes, (+ The Scales) 8/6€, +33 (0)3 20 27 70 10
13.11.2012, 20h, Lens, Le Colisée, 11,70/8,20€, +33 (0)3 21 28 37 41

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