Home Best of Chroniques Mustang

Le mors aux dents

 © DR

La scène se déroule à la Péniche, en mai 2010, lors du dernier concert lillois de Mustang : « à poil ! » avait crié un gros lourd. Le genre à gueuler « rock’n’rooooll ! » dans les concerts de… rock. Alors, le chanteur Jean Felzine ne s’est pas départi de son calme. S’est penché tranquillement vers l’animal, lâchant : « La prochaine chanson, c’est un slow. T’invite ta voisine. Sinon, toute la salle te hue ». Calme, distinction, élégance. ça, c’est Mustang.

Les trois Clermontois ayant un temps souffert d’une image de simples revivalistes rockab’, il est temps de rétablir la vérité : Mustang ne donne pas dans le pastiche, a choisi trois points cardinaux radicaux (Elvis, The Stooges, Suicide) pour mieux s’en défaire, signant deux albums parfaits et salutaires, à la croisée des chemins entre la chanson française, et le rock’n’roll primitif, la pop sophistiquée et la soul brûlante, le tout parcouru de quelques effets synthétiques. On craignait cependant d’avoir à faire, une fois de plus, à de glorieux héros disparaissant dans une indifférence aussi générale que franchouillarde. Or, Mustang connaît désormais un succès qui dépasse la simple estime, et on se réjouit de retrouver ces trois vauriens charismatiques, tenant la scène comme on défie la bande d’en face : Gretsch à la main, menton levé et regard fier, sûr de son talent et de chansons classieuses, modernes et populaires.

 

Thibaut Allemand

Le 29.02, Lille, L’Aéronef, 10€/Gratuit pour les abonnés, + 33 (0)3 20 13 50 00
Le 23.03, 20h30, Amiens, Lune des Pirates, 12/9€, +33 (0)3 22 97 88 01

Articles similaires
 (c) Boris Gortz