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Symphonie achevée

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Cet automne, la maison Folie de Wazemmes, à Lille, présentait Les Mécaniques Poétiques : des installations créées par le bassiste du groupe Ez3kiel marquées par l’univers onirique de Caro et Jeunet. Avides de nouvelles rencontres, les musiciens ont élu domicile à Lille, pour préparer un set en compagnie des Symphonistes Européens de Pierre-Yves Gronier. Expérimental et hypnotique, ce spectacle clôture en beauté l’expérience nordiste des Tourangeaux. Rencontre avec le guitariste et machiniste Johann Guillon.

Quelle est l’idée de départ des Mécaniques Poétiques ?

Nous souhaitions prolonger le DVD-Rom de notre album Naphtaline (ndlr. 2005). Ce DVD contenait plusieurs tableaux interactifs et modifiables selon ses envies, au niveau du son comme de l’image. Yann N N guema, notre bassiste, a décliné ici la douzaine de tableaux en installations mécaniques.

Comment le public a-t-il réagi à l’exposition ?

Elle a enthousiasmé 12 000 visiteurs ! On éprouve la même fierté lorsqu’on voit du monde à nos concerts. Certes, les grands médias ne s’intéressent pas à nous, on ne vend pas beaucoup d’albums, mais on reste plus ouvert que jamais à de nouvelles expériences.

Comment mesurez-vous le chemin parcouru depuis 1992 ?

Nous avons cultivé un son reconnaissable, en puisant dans le dub, le hip-hop, l’électro ou le rock. Au-delà des étiquettes, notre démarche se veut sensorielle. Les logiciels nous incitent à évoluer, à travailler notre son autrement. L’arrivée de Stéphane, il y a cinq-six ans, a profondément changé notre manière d’appréhender notre musique. Tout comme les rencontres avec Yann Tiersen, Hint, Nosfell ou le groupe belge Daau. Avec ces derniers, on a fait deux longues tournées durant lesquelles on s’inspirait mutuellement. Ces échanges ont énormément influencé le son de Naphtaline.

En quoi consiste désormais le Naphtaline Orchestra ?

Nous rêvions depuis longtemps de jouer sur scène avec un orchestre symphonique. Et l’occasion s’est présentée de travailler avec l’Orchestre National de Grenoble. Jérôme Copin, chef de projet Art numériques et technologiques à la Mairie de Lille, nous a proposé de renouveler l’expérience ici. Nous avons alors rencontré les symphonistes européens de l’école de musique des Bois-Blancs. Lors de de concert, nous exécuterons avec l’orchestre des titres issus de Naphtaline ainsi que des extraits de notre dernier album studio, Battlefield (ndlr.2008). Il n’y aura pas de nouvelles compositions, à l’exception des intermèdes et une reprise de Lux æterna tirée de la bande originale de Requiem For A Dream (ndlr.2000) qu’on jouait avec Daau.

Ce travail visuel influencera-t-il vos futures productions ?

On y réfléchit. On n’a pas fixé de cap. Un album supplémentaire, pour quoi faire ? Une tournée ? Un spectacle ? Choisirait-on des lieux toujours plus inhabituels ? Actuellement, on se trouve dans un laboratoire extrêmement bordélique ! Quoi qu’il en soit, notre modèle économique nous oblige à travailler vite pour vivre.

 

Maxime Delcourt

Le 19.02, 18h, Lille, Théâtre Sébastopol, complet !

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